Agrilocal : rencontre entre producteurs et acheteurs des collèges

[jeudi 1 décembre 2016 15:49]
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Les producteurs locaux et les représentants des collèges du département (principaux, gestionnaires et cuisiniers) se sont rencontrés pour une matinée d’échanges le 30 novembre, au Valdahon.

C’est sous la houlette de la conseillère départementale déléguée chargée de l’agriculture et de la forêt, Béatrix Loizon, de Thierry Maire du Poset, très investi dans le domaine, et de Sylvie Le Hir, conseillère départementale du Valdahon, que cette rencontre a eu lieu. Béatrix Loizon : « Cette réunion répondait à une attente comme en atteste le nombre de participants. C’est important de créer du lien entre ces acteurs. Chaque collège est autonome dans sa stratégie et ses choix. Le recours à des produits locaux les inscrit comme acteurs de l’économie locale. Le Département a décidé de favoriser le développement de ces circuits courts de proximité en partenariat avec la chambre d’agriculture. »

De nombreux atouts

Thierry Maire du Poset : « La plate-forme Internet de mise en relation Agrilocal et cette réunion sont des moyens concrets de favoriser les circuits courts de proximité. Ils ont de nombreux atouts : qualité des produits, développement durable, bilan carbone, traçabilité des produits. Ils permettent de consolider des emplois, d’en créer, de produire de la valeur ajoutée… Les bénéfices sont multiples. Beaucoup de choses restent à faire, dans la diversification de notre agriculture, dans la transformation des produits. »
Christian Morel, vice-président de la chambre d’agriculture du Doubs : « Pour développer Agrilocal, nous devons aller plus loin dans la transformation et le commercial. Nous devons faire le travail tous ensemble. Après leur repas à la cantine, les enfants doivent pouvoir parler de nous à leurs parents. C’est ce qui permettra à ce système de s’amplifier. »

Un élément d’éducation

Marie-Jeanne Grandmougin, principale du collège Edgard-Faure du Valdahon : « À la démarche éco-citoyenne autour des circuits courts de proximité s’ajoute pour nous un travail autour de l’élève : éducation au goût, lutte contre le gaspillage, tri des déchets... Les échanges d’aujourd’hui sont fructueux. Ils nous permettent de découvrir les beaux produits de notre terroir. »

Cerner les freins et les contraintes

Quoi de mieux que présenter directement aux acheteurs potentiels ses produits ou son outil de travail, ses contraintes et obligations pour envisager ensemble des solutions ? C’est ce dialogue qui a, par exemple, permis à la plate-forme Internet Agrilocal, mise en place par le Département en 2013, d’évoluer en septembre. Une version plus ergonomique, plus large dans ses possibilités de passation de marchés, qui tient compte des difficultés rencontrées par ses utilisateurs.
Sophie D’Houtaud, gestionnaire du collège Félix-Gaffiot, à Quingey : « On souhaite atteindre l’objectif de 10% de produits achetés en circuit court de proximité. En quelques mois, les choses ont changé autour d’Agrilocal. S’il faut toujours un temps d’adaptation pour changer ses habitudes, la nouvelle version est plus fonctionnelle. »
Samuel Vuillemin est agriculteur à la coopérative de Pierrefontaine-les-Varans qui va s’inscrire à Agrilocal : « Cette réunion m’a permis de rencontrer les représentants du collège de ma commune. On ne se connaissait pas. Ils n’imaginaient pas que l’on pouvait répondre à leurs commandes. On va se recontacter. »
Bruno Collas est intermédiaire de vente de produits locaux. Il travaille essentiellement avec trois fermes qui ont monté leur propre abattoir et transforment leurs produits : « C’est notre force. Les fermes ont recherché l’autonomie. Nous sommes inscrits depuis le début à Agrilocal. Il y a des contraintes à respecter. Par exemple, des chipolatas doivent toutes être de 60 grammes. Si elles faisaient 80 gr, le budget des collèges exploserait. Ce n’est pas comme un particulier qui en prend une en plus pour ajuster. Maintenant qu’on le sait, on s’adapte. »

Une traçabilité assurée

Didier Bordy est chef de cuisine au collège de Morteau et va dans le même sens : « Nous devons faire avec nos budgets, même s’il existe des marges de manœuvre. Nous avons d’autres contraintes comme les délais entre les commandes et les livraisons. Il faut que ça reste rentable pour les producteurs. »
Pascal Cointot est chef cuisinier au collège de Clerval : « Avec mes petits réfrigérateurs, j’ai une contrainte de stockage. Je dois donc être livré régulièrement. Concernant les fruits et légumes, j’en suis encore à tout éplucher manuellement. Avoir des produits transformés serait un plus. »
Yann Vouillot, du Gaec de Cicon-du-bas : « J’ai surtout eu des questions sur la traçabilité des produits (viande bovine limousine et charolaise, comté). Les gens aiment le contact, pouvoir mettre un visage sur un nom. Je travaille avec Agrilocal depuis un an. J’ai commencé avec le collège de Valdahon et je travaille maintenant pour sept collèges. Aujourd’hui, j’ai eu une quinzaine de nouveaux contacts. »