Le rappeur Rost galvanise les collégiens bisontins

[lundi 27 mars 2017 14:41]
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Avec son court-métrage Et si on s’en sortait, Rost se pose en grand frère pour démontrer aux jeunes que, malgré tous les obstacles, « on n’est pas condamné à l’échec ». « Tu as toujours le choix d’aller vers ce qui est bon pour toi. Tu es maître de ton destin. » Message reçu 5 sur 5 au collège Proudhon, à Besançon.

Le rappeur est accueilli par un tonnerre d’applaudissement par les quelque 150 collégiens qui l’attendent dans la belle salle polyvalente. Il est vrai qu’ils ont bien préparé sa venue, avec la documentaliste du collège, Nathalie Poly, la conseillère principale d’éducation, Sarah Collette, et leurs professeurs. Chacun a rédigé et imprimé une question sur un billet bien découpé. « C’est comment la vie dans les banlieues ? », demande un jeune. Vaste sujet !

Un « miraculé »

On est loin ici du Belleville parisien où Adom Rost a grandi. D’abord dans un squat qui menaçait de s’écrouler, puis dans l’un des "ghettos" de la banlieue parisienne, à Villetaneuse. Adolescent, il est chef de bande, familier de la baston, il reçoit plusieurs coups de couteau, manque de perdre son meilleur ami. Une violence de trop, une rencontre inattendue… Et c’est la prise de conscience. « Je suis un miraculé », reconnaît aujourd’hui le rappeur, chroniqueur radio à ses heures. « Des copains ne s’en sont pas sortis. C’est pour cela que j’ai un engagement social fort auprès des jeunes. »

« Je suis ce que je veux être »

Ses paroles font mouche dans l’assistance, les collégiens boivent ses paroles et l’interrogent pour mieux comprendre. Son message tient en une phrase qu’il emprunte à Schopenhauer, rien moins, une révélation pour lui : « Je suis ce que je veux être. »
Cette citation résume son court-métrage, Et si on s’en sortait, présenté à Cannes en 2016. Quatre jeunes de banlieue décident de s’offrir un week-end dans le Sud. En route, ils découvrent que l’un d’eux transporte un paquet suspect pour un certain caïd. Crise de confiance, prise de conscience… Le film est un excellent prétexte au dialogue à l’âge où l’on se prépare aux grands choix de vie !
Rost est aussi l’auteur d’un récit publié aux éditions Robert Laffont, Enfants des lieux bannis, dont il souhaite tirer bientôt un long-métrage. Sourire aux lèvres, il peut l’affirmer : il s’en est sorti et il en témoigne avec talent.

Amis de Rost, Guy Paqui, des Spectacles de la Lionne, et Saïd Mechai, directeur de l’association Humanis, ont facilité la rencontre avec les collégiens de Proudhon, à Besançon.