Antoine Stabile, médecin de campagne nouvelle génération

[mardi 10 octobre 2017 14:01]

C’est à la faveur de remplacements de week-end qu’Antoine Stabile a découvert la maison de santé de Rougemont et, du même coup, les réalités de la médecine rurale. « Nous faisons de tout ici, de la pédiatrie à la gériatrie en passant par les soins d’urgence. C’est ce qui m’a séduit, confie le jeune médecin installé depuis 2015. Je suis aussi médecin-pompier avec l’une de mes collègues, et médecin coordinateur à l’EHPAD voisin [Ndlr : Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes]. C’est d’ailleurs ce rôle qui a motivé mon intégration dans la maison de santé. »

« Être généraliste, c’est manquer d’ambition »
« Nos études ne nous préparent pas vraiment à ces pratiques. D’ailleurs, pour la plupart des professeurs à la faculté de médecine, être généraliste, c’est manquer d’ambition ! En réalité, j’ai découvert l’exercice pluri-professionnel de la médecine, le partage d’expérience, l’évaluation collective de nos pratiques… C’est bien plus intéressant ! Il est vrai que l’exercice isolé de la médecine, comme cela se faisait autrefois, n’attire plus. »

Un nouveau regard
Ce que confirme Valentine Girardin, en 5e année de médecine à Besançon : « J’avais beaucoup d’a priori négatifs avant de venir en stage à la maison de santé de Rougemont. On prétend par exemple qu’à la campagne, on ne fait que du renouvellement d’ordonnances alors que c’est faux. J’ai découvert des activités très variées, des responsabilités à assumer... Ma vision des choses a complètement changé. Ici, il y a les avantages de la pratique hospitalière, avec une équipe pluridisciplinaire, des facilités d’organisation… sans les inconvénients de la médecine isolée ! »

Les mentalités évoluent
Ces témoignages correspondent bien à l’une des actions envisagées dans le Schéma départemental d’amélioration de l’accessibilité aux services au public. En effet, cette action vise à développer les stages chez les médecins généralistes. Elle est portée par l’Agence régionale de santé, la faculté de médecine, le Collège régional des généralistes enseignants, et coordonnée par le Département.
Ces stages sont obligatoires depuis quelques années seulement. Ils contribuent visiblement à démystifier la médecine rurale, à faciliter les échanges d’expérience et les transmissions de savoirs. Ainsi les internes se sentent mieux préparer pour prendre leur autonomie. « Les mentalités évoluent rapidement », se réjouit Antoine Stabile.