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Alimentation : rencontre autour des circuits de proximité au collège de Sochaux

[lundi 29 janvier 2018 17:20]
Thème Collège
Economie
Environnement
Alimentation : rencontre autour des circuits de proximité au...

Plus de 60 producteurs, artisans, chefs de cuisine et représentants des collèges se sont retrouvés pour échanger sur leurs pratiques respectives, le 24 janvier. Cette troisième rencontre sur l’« Alimentation de proximité dans les cantines scolaires » était organisée à l’initiative du Département au collège Jouffroy-d’Abbans (Sochaux).

Jouffroy-d’Abbans est le collège du Doubs qui a le plus recours aux circuits courts. Pour l’année scolaire 2016-2017, il a ainsi commandé 3 765 kg de produits (viande, produits laitiers, légumes essentiellement). Cette démarche est encouragée par le Département qui a déployé la plateforme Agrilocal25, outil national de mise en relation entre les restaurations collectives et les producteurs locaux. Plusieurs élus départementaux étaient présents à cette rencontre : Béatrix Loizon, vice-présidente en charge de l’environnement, de la trame verte et bleue, de l’espace rural et périurbain, et Thierry Maire du Poset, conseiller départemental et administrateur d’Agrilocal, ont été rejoints par Virginie Chavey, vice-présidente en charge des collèges, Jean-Luc Guyon, Rémy Nappey et Noël Gauthier, conseillers départementaux.

Développer l’économie locale

Philippe Corriette, principal du collège Jouffroy-d’Abbans, a souligné l’importance du travail des acteurs de terrain, tels le gestionnaire Sébastien Glasson et le chef de cuisine Ludovic Lepigeon, très investis dans la qualité et la valorisation des produits et des circuits courts dans cet établissement. Il ajoute : « Les enjeux dépassent le cadre du collège : développement économique local, aménagement du territoire avec des installations ou des maintiens d’activités, amélioration du bilan carbone, éducation aux goûts, connaissance par les élèves des produits, filières, métiers… »

L’intermédiaire qu’il manquait

Thierry Maire du Poset, conseiller départemental et administrateur national d’Agrilocal, a insisté de son côté sur l’importance de ces rencontres : « Ces acteurs ont besoin de se connaître, d’expliquer leurs modes de fonctionnement et leurs contraintes respectives... Agrilocal est l’intermédiaire qu’il manquait. Cela tient parfois à peu de choses et ces moments peuvent lever des freins, faciliter l’adéquation de l’offre à la demande. »
De son côté, Christian Morel, vice-président de la Chambre interdépartementale d’agriculture du Doubs et du Territoire de Belfort note des évolutions : « La démarche Agrilocal25 nous indique le chemin à suivre. Le plus court permet de conserver la richesse et la valeur ajoutée sur le territoire. D’ailleurs, la diversification des productions prend de l’ampleur, elle concerne désormais un tiers des installations. »

Une sensibilisation quotidienne

Ludovic Lepigeon, chef de cuisine au collège Jouffroy-d’Abbans, a constaté une vraie différence dans les produits : « Mais ça ne suffit pas, il faut échanger avec les élèves et les sensibiliser. Ils ont peu de repères sur l’alimentation en arrivant au collège. Il faut leur expliquer ce que l’on fait, notre travail. Ils ont beaucoup de clichés en tête sur les repas tout faits alors que nous cuisinons tout sur place, à partir de produits frais. Désormais, toutes les classes de 6e visitent la demi-pension, ils voient l’organisation du service de restauration. C’est très important. Ils sont très surpris et en parlent beaucoup après. Tout cela finit par porter ses fruits : nous avons ainsi fortement diminué les quantités gaspillées en passant de 80 à 35 kg de déchets par jour pour une moyenne de 450 repas par service. »

Béatrix Loizon, vice-présidente du Département en charge de l’environnement, de la trame verte et bleue, de l’espace rural et périurbain : « Une démarche globale du Département »


« Le but de cette rencontre est de lever les freins  à la commande. Ces professionnels ont besoin de se connaître, d’en savoir plus sur leurs impératifs. À l’issue de la 2e rencontre et après une formation à l’outil Agrilocal menée par le Département auprès des collèges, nous avions constaté une augmentation des commandes qui s’était maintenue dans le temps. Le panel des producteurs et artisans inscrits augmente et se diversifie, tout comme celui des acheteurs  inscrits. Mais il est possible d’aller encore plus loin avec d’autres institutions et structures. La démarche Agrilocal fait partie intégrante de notre projet C@P25. Elle permet de ramener de la valeur ajoutée chez nos producteurs, d’améliorer l’ancrage territorial, c’est un plus en matière économique, environnementale, de bilan carbone, de traçabilité des produits dans un territoire riche de beaux produits, d’Indication géographie protégée (IGP), d’Appellation d’origine protégée (AOP). En lien avec la Chambre d’agriculture nous avons lancé un audit, nous travaillons aussi à la pérennisation des exploitations, à la protection du foncier agricole. C’est une démarche globale. »

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