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Réunion du Comité des usagers des routes départementales

[mardi 6 novembre 2018 10:07]
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Routes et infrastructures
Réunion du Comité des usagers des routes départementales

Créé en 2017, le Comité des usagers des routes départementales du Doubs, une réalisation C@P 25, s'est réuni une deuxième fois le 30 octobre au siège du Département. Présidé par Thierry Maire du Poset, vice-président chargé des routes et des transports individualisés, ce comité a balayé un ordre du jour large et diversifié sur les réalités et la politique routières départementales.


Sécurité routière : des chiffres préoccupants

Avec 35 tués fin octobre 2018 (contre 30 en 2017), les chiffres sont préoccupants. Le Document général d’orientation cosigné pour 5 ans en février par le Département et la Préfecture du Doubs a identifié six grands enjeux pour enrayer ce phénomène : les risques routiers professionnels, les addictions, les deux-roues motorisés (12 motards font partie des 35 victimes de la route), le partage de la voirie entre les différents usagers et certains types de population : les jeunes de 14 à 29 ans et les seniors de 65 ans et plus. Ces enjeux feront l’objet d’actions sur le terrain dont des campagnes de sensibilisation.
En complément des opérations de prévention et de sensibilisation (pose de panneaux comme « Vitesse au volant, je risque ma vie », radars pédagogiques hors agglomération et campagne sur les risques hivernaux…), le Département mène des programmes spécifiques de sécurisation. Ces derniers portent sur des points particuliers comme sur des itinéraires. Ainsi, 26 sections identifiées qui concentrent 31% des accidents matériels et 41% des accidents mortels (soit 300 km de routes départementales) feront l’objet d’audits de sécurité indépendants.
Par ailleurs, l’appui technique et financier du Département aux communes pour les aménagements à l’intérieur des agglomérations se poursuit. Une action sera aussi menée avec les collégiens pour mener une campagne de sensibilisation sur le sujet.

Ouvrages d’art : un patrimoine maîtrisé

Le patrimoine départemental se compose de 1500 murs, 7 tunnels et 961 ponts (dans la moyenne des départements français). Il est contrôlé périodiquement, principalement par les agents du Département. Pour 150 ponts environ – du fait de leur taille, parce qu’ils sont difficilement accessibles ou qu’ils présentent des enjeux particuliers – les inspections détaillées sont réalisées par des bureaux d’études spécialisés. 25 d’entre eux font l’objet d’une surveillance plus poussée et des travaux auront lieu d’ici la fin du mandat. Plus globalement et au-delà de l’entretien courant dont une partie est réalisée par le Département lui-même, 33 ponts feront l’objet de travaux spécifiques pour un montant moyen annuel de 3,8 M€.

Une politique cyclable renforcée

Le Département a lancé, entre mars et juin, un appel à projets auprès des communes et groupements de communes du Doubs : 16 projets structurants ont été retenus émanant de 6 communes et 4 EPCI pour un investissement de 6 M€ hors taxes. Ces projets aboutiront, d’ici 2020 au plus tard, à la création de 32 km de voies en site propre. Le Département se veut moteur dans le développement d’une mobilité durable. Celle-ci devient un enjeu prégnant. Pour cela, il revisite sa politique cyclable en faisant notamment appel à un cabinet d’études pour évaluer la politique menée jusque-là et proposer de nouvelles orientations, en concertation avec les acteurs locaux. L’étude démarrera au cours du premier semestre 2019.

Poids lourds : une circulation à relativiser

Parmi les sujets abordés suite à la première réunion de ce comité des usagers, celui de la circulation des poids lourds, entre encombrement des routes, insécurité ressentie et pollution, a été évoqué. Des représentants des transporteurs, membres du comité, ont pu détailler les différences de pratiques entre transporteurs nationaux et étrangers, la position du Doubs sur un axe de transit nord-sud, l’utilisation par de plus en plus de poids lourds d’itinéraires secondaires pour échapper aux différents péages (autoroutiers ou des tunnels transalpins par exemple), les antagonismes entre les circulations de transit et de desserte locale. Pour rappel, en termes de dégradation des routes, un poids-lourd équivaut à 1 000 000 de véhicules légers. Néanmoins, les volumes de trafic sont à relativiser pour le Doubs : si, sur autoroutes et routes nationales, les poids lourds représentent en moyenne 10 à 15 % du trafic total, ils représentent 25 % sur l’A36 (8 000 PL/j) mais 7 à 9 % sur la RN 57 dans le Doubs (800 à 3 700 PL/j), 15 à 20 % sur la RN 83 (2 000 PL/j). Pour les routes départementales, la moyenne descend à 5 %.

Déviations : le choix de la sécurité et de l’efficacité

Le site internet départemental dédié à l’information routière, Inforoute25.fr, est, depuis 2008, le principal outil de communication sur l’état des routes en hiver et les chantiers du réseau structurant. Quotidiennement mis à jour, il y est désormais possible de visionner les déviations, avec les dates prévisibles et un descriptif. Le Département met en place ces déviations pour tenir compte de l’encombrement des emprises des travaux, de la protection des travailleurs et des usagers de la route. Elles sont liées à la technique utilisée et permettent de diminuer la durée du chantier. Dans la mesure du possible, elles tiennent compte du trafic pendulaire pour limiter les gênes occasionnées et différencient parfois les itinéraires VL des PL.

Gravillonnage : prolonger la durée de vie des voies

C’est une technique qui avait fait parler d’elle lors de la réunion d’installation du comité. Le gravillonnage reste très utilisé car il permet de redonner de l’étanchéité et de l’adhérence aux voies où des fissures et premiers défauts d’étanchéité apparaissent. Elle limite la formation des dégradations (nids de poule) et prolonge la durée de vie des voies. Cet entretien préventif se fait généralement au bout de 7-8 ans (la durée de vie d’une chaussée est dimensionnée pour une durée de 20 ans). Des panneaux d’information sur les bords des routes sont généralement installés pour prévenir les usagers et en particulier les motards. Le passage des véhicules joue un rôle essentiel dans la mise en place des gravillons dont le surplus est balayé par la suite par les services du Département ou les entreprises mandatées pour le chantier.

Viabilité hivernale

L’esprit qui préside au Département concernant la viabilité hivernale est le suivant : en dehors des situations jugées exceptionnelles, quel que soit le réseau départemental concerné, un usager doit pouvoir emprunter le réseau départemental à toute heure du jour et de la nuit, dans la mesure où son véhicule dispose d’équipements pneumatiques hivernaux en bon état. Des différences de traitement sont néanmoins mises en place pour privilégier les axes structurants, majoritairement employés, et suivant les périodes de la journée. Il est en effet optimisé pour répondre aux exigences des flux domicile / travail en début et fin de journée et plus largement pendant la journée (créneau horaire : de 7h à 20h). 860 km du réseau départemental font ainsi l’objet d’un traitement hivernal renforcé.