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Yan Pei-Ming prépare son hommage à Courbet

[jeudi 4 avril 2019 17:24]
Thème Vie des cantons
Exposition
Culture
Yan Pei-Ming prépare son hommage à Courbet

Depuis fin mars, le peintre Yan Pei-Ming est installé dans l’ancien atelier de Courbet, à Ornans, afin de préparer l’exposition estivale du musée départemental. Il y présentera 15 toiles qui dialogueront avec une vingtaine d’œuvres de Courbet choisies parmi les plus grandes collections du monde entier.

Ni l’espace, vaste, ni la lumière, généreuse, pas plus que l’ombre de l’ancien maître des lieux ne semblent peser sur les épaules de Yan Pei-Ming. « Par moments, j’imagine Courbet ici. C’est impressionnant, oui, mais je me sens très à l’aise. Il y a une atmosphère qui donne envie de peindre, les proportions de l’atelier sont parfaites, comme la lumière. N’importe quel artiste actuel rêverait de travailler ici. Je mesure ma chance ! »


« Aujourd’hui chacun est libre »

Peintre d’origine chinoise, diplômé de l’école supérieure des Beaux-Arts de Dijon, ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome, Yan Pei-Ming est connu pour ses portraits de personnalités, tels Mao, Bruce Lee, Obama… Il travaille, de préférence, de grands formats, à la brosse, le plus souvent en bichromie. Toujours à l’huile car « j’ai besoin de retoucher, de revenir plusieurs fois sur le sujet », précise-t-il.
S’affirmant figuratif à une époque qui ne jurait que par l’art conceptuel, il a toujours cru en l’avenir de la peinture. « En m’installant en France, j’ai trouvé la liberté de m’exprimer comme je l’entendais, par rapport à ce que j’avais appris et vécu en Chine. J’étais trop formaté alors. J’ai réappris à Dijon puis j’ai pu réutiliser mon apprentissage chinois. Aujourd’hui, il n’y a plus d’école dominante en peinture, chacun est libre ! »


Rencontre au sommet

Après s’être intéressé récemment à Léonard de Vinci et sa Mona Lisa, Yan Pei-Ming a jeté son dévolu sur Gustave Courbet. « C’est un peintre majeur du XIXe siècle. Il a révolutionné la peinture. Toute son œuvre m’interpelle. C’est pourquoi je souhaite m’y confronter. La peinture, c’est assez magique, mais c’est une lutte entre la vie et la mort », souligne-t-il. « Ils ont en commun une gestuelle et  une énergie puissantes », fait observer Frédérique Thomas-Maurin, conservateur en chef du pôle muséal Courbet.
Le Département du Doubs l’a invité à rendre hommage au maître du réalisme à l’occasion du bicentenaire de sa naissance (le 10 juin 1819 à Ornans). Cet hommage prendra la forme d’une grande exposition dans l’ensemble musée Courbet (du 10 juin au 30 septembre). En effet, pour la première fois depuis la réouverture des lieux en 2011, la collection permanente sera décrochée pour laisser place à une vingtaine d’œuvres de Courbet issues de grandes collections du monde entier, ainsi qu’à une quinzaine d’œuvres de Yan Pei-Ming. « Courbet raconte ses histoires et moi les miennes, puis elles se rencontrent et dialoguent », résume-t-il. Le dialogue promet d’atteindre des sommets !

Photos: Jack Varlet
Info+

Le public pourra découvrir dans l’ancien atelier de Courbet, sur réservation auprès du musée, les quatre tableaux monumentaux conçus par Yan Pei-Ming sur place. L'artiste exposera certaines de ses œuvres à l’automne au musée d’Orsay ainsi qu’au Petit Palais.

Une fois restaurés, l’atelier et la maison accolée, propriétés du Département, accueilleront des artistes en résidence de création.

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