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Liesle : de nouveaux logements pour une nouvelle vie

mercredi 11 avril 2018 Rubrique Doubs et vous Sur votre territoire Thème Habitat Liesle : de nouveaux logements pour une nouvelle vie

Le contexte

Comme nombre de communes, Liesle (530 habitants) souhaite attirer une population  nouvelle pour conserver ses classes, ses commerces, son artisanat, ses associations… Sa proximité de Besançon, ses dessertes ferroviaires, ses services sur place constituent des atouts indéniables. D’ailleurs, la commune gère déjà six logements aménagés dans d’anciennes écoles, pour un revenu d’environ 30 000 € par an.

« Dès 2008, nous avons commencé à réfléchir à un projet de lotissement pour relancer la dynamique en attirant une population plus jeune, se souvient le maire, Pierre Daudey qui était à l’époque premier adjoint. Comme nous n’avons pas de réserve foncière, nous avons acquis un terrain d’un hectare à un propriétaire, bien situé à l’entrée du village. »

Le projet a commencé à se concrétiser en 2014 pour être inauguré en 2016. 18 parcelles ont été délimitées, de 480 à 740 m2, au prix moyen de 45 € le m2 actuellement. La 19e parcelle a été attribuée à la construction de logements sociaux.

La réalisation

 « Nous avons voulu créer un nouveau quartier avec un objectif de mixité sociale et de mixité intergénérationnelle, poursuit Pierre Daudey. C’est pourquoi nous avons réservé des parcelles plus petites aux primo-accédants, ainsi qu’un espace pour du locatif. »

C’est Néolia qui a remporté la consultation sur le locatif social, avec deux maisons comportant chacune quatre appartements (tous de trois pièces-cuisine). Ceux en rez-de-chaussée sont adaptés aux personnes à mobilité réduite.

Pour assurer la viabilité de cette opération, le terrain a été cédé à Néolia pour un euro symbolique. La conception de type traditionnel due à l’architecte Marcel Baty répond à plusieurs labels : Qualitel, Habitat & Environnement et BBC (Bâtiment basse consommation). Des garages fermés et des places de stationnement complètent les logements.

La commune a fixé quelques contraintes pour assurer une qualité optimale à son éco-quartier. Les maisons doivent être orientées au sud, une étude d’ensoleillement indique leur emplacement sur chaque parcelle. Les thuyas sont proscrits, au profit des haies vives…

En échange, la commune a donné des gages de qualité. La voierie est volontairement étroite et la vitesse limitée à 20 km/h pour accorder la priorité aux piétons. Les bordures facilitent le ruissellement des eaux pluviales et des bassins de rétention ont été aménagés. Des arbres fruitiers ont été plantés en bordure du lotissement. Des aires de stationnement sont réservées aux visiteurs… Tout est réuni pour profiter d’une vie paisible dans un site classé Natura 2000 !

Le montage financier

Le coût de l’opération (acquisition, viabilisation, frais notariés) s’est élevé à 1 037 730 € couvert par des prêts (836 401 €), des fonds propres (112 129 €), une subvention du Département au titre du « soutien à l’offre de logement public » (80 000 €) et une autre de l’État au titre de « l’aide à la pierre » (9 200 €).

En outre, le Département a accompagné la commune dans le montage de son projet et il a garanti les emprunts à hauteur de 85%. En contrepartie, comme cela se fait habituellement, il a obtenu la réservation d’un logement social qu’il peut attribuer à une famille suivie par ses services au titre de l’accompagnement social.

« Globalement, c’est une opération blanche pour la commune, fait observer le maire. Les revenus générés chaque année couvrent largement les remboursements d’emprunt. »

Le bilan

10 parcelles ont été vendues depuis 2016, 8 sont donc encore disponibles. Les logements locatifs sont tous occupés. « 18 familles nouvelles se sont installées, se réjouit le maire. Ce sont 12 enfants supplémentaires pour notre école qui peut ainsi conserver ses trois classes. De plus, trois personnes du lotissement sont entrées au conseil municipal. »

Autre sujet de satisfaction : le choix d’avoir confié le locatif à un bailleur social. « Ce n’est pas le rôle d’une commune de gérer des locations, considère Pierre Daudey. Du fait de la proximité entre les élus locaux et la population, il est préférable d’avoir un intermédiaire. En revanche, nous participons à la commission d’attribution de Néolia, ce qui nous permet de relayer les demandes de nos concitoyens. »

 

Photos : Jack Varlet