LA PRESBYACOUSIE

À la différence d’autres troubles de l’audition tels que les acouphènes (sensation auditive non liée à une source sonore qui se traduit par un bourdonnement ou sifflement ressenti dans l’oreille ou dans le crâne), ou l’hyperacousie (dysfonctionnement de l’audition résultant d’une lésion de l’oreille interne provoquée par une exposition à un niveau sonore très élevé), qui affectent souvent des individus relativement jeunes, la presbyacousie est une perte progressive de l’audition liée à l’âge.

La détérioration de l’audition commence très tôt. Elle est sensible à partir de 30 ans et la gène survient généralement vers les 50 ans. Cinq millions de français en souffrent, dont 3 millions de plus de 55 ans. Les cas de presbyacousie augmentent du fait du vieillissement de la population. Les effets de l’âge se font sentir de façon plus importante chez les hommes que chez les femmes. Avec le temps, la détection des sons aigus devient plus difficile, et la perception de la parole est affectée. Les effets de l’âge peuvent être amplifiés par l’exposition à des bruits excessifs,soit au travail,soit dans les loisirs (tir sportif,musique…).

LES CONSÉQUENCES

Pour la personne atteinte de presbyacousie, les conséquences dans la vie de tous les jours peuvent aller de la simple difficulté de compréhension dans un environnement bruyant, jusqu’au repli sur soi, à l’isolement, de peur de ne pas pouvoir communiquer correctement avec son entourage.

LE DÉPISTAGE

Dès que l’on constate des difficultés d’audition (nécessité de faire répéter, de suivre une conversation, de parler fort…) il faut faire évaluer la baisse de l’ouïe grâce à un audiomètre qui mesure les pertes auditives en fonction des fréquences perçues par l’oreille. Cet examen est pratiqué par un oto-rhino-laryngologiste (ORL) ou un audioprothésiste. Il peut se faire gratuitement lors de la journée nationale de l’audition (en Mars ou Avril). En fonction de l’altération des ,facultés d’audition constatées, le spécialiste déterminera ou non la nécessité de prescrire un appareillage adapté.

LES APPAREILS

L’appareil auditif est à ce jour le seul traitement possible et efficace.Toutefois, la proportion des personnes appareillées reste faible, en raison du manque d’information, d’un dépistage insuffisant, du coût exorbitant. Mais cette situation tend à évoluer depuis quelques années. Les
appareils sont à présent plus performants et miniaturisés (donc moins voyants), ce qui permet de réduire les réticences ,psychologiques dues à l’image que l’on en a. Les appareils numériques proposés actuellement sont ,choisis en fonction du degré de surdité et des goûts personnels. Ils sont « contours d’oreille » classiques ou avec embout ,ouvert ou avec écouteur, ou « intra auriculaires », plus discrets,mais plus difficiles d’utilisation. On peut à présent, régler son appareil suivant des ambiances sonores précises (restaurant, loisirs, travail…). Les bruits parasites sont fortement éliminés par un traitement numérique du signal sonore. Ces appareils restent très coûteux, leur prix devrait cependant baisser suite à leur normalisation. Leur usage est conseillé dès l’apparition de la presbyacousie.

LE PRIX ET LE REMBOURSEMENT

Le prix d’un appareil varie entre 1000 et 1900 €. Il est bien remboursé pour les moins de 20 ans ou pour les personnes souffrant d’un double handicap. La base de remboursement de la Sécurité Sociale est de 199,71 €. Dans les cas les plus courants, elle rembourse 65% de ce montant, soit 129,71 € et 23,78 € par an pour l’entretien… Les mutuelles complètent partiellement cette somme selon le degré de couverture choisi. Le reste est à la charge de l’assuré. Il est évident que ce coût peut expliquer que de nombreux patients ne s’appareillent pas. Ce qui est dommage, car ils s’isolent au détriment de leur vie familiale et sociale.


Andrée VERDY
avec l’appui du Centre audition mutualiste de BESANCON