LA SANTE BUCCO-DENTAIRE

Un élément à prendre en compte dans l’équilibre sanitaire et social de la personne âgée

Pour des raisons aussi diverses que l’insouciance, l’incompréhension du risque, le désir de cacher ses «misères buccales», la prise de tranquillisants, voire le manque de moyens financiers, la santé bucco-dentaire est souvent négligée par les personnes âgées, ou trop peu surveillée pour celles vivant en «Établissement», qu’elles soient handicapées ou non, l’état de dépendance aggravant toujours les choses.

En dehors des risques locaux que chacun connaît (caries multiples, perte de goût, mauvaise haleine, saignements gingivaux, manque de salive, prothèses inadaptées et blessantes), il existe des risques plus graves liés à un état dentaire déficient. Il est bon de les rappeler :

Le risque le plus ancien appréhendé est le «risque oslérien» qui caractérise une atteinte du tissu cardiaque à partir d’une lésion infectieuse dentaire ou gingivale.

La maladie «parodontale» (atteinte microbienne des gencives) peut entraîner ou aggraver une «maladie coronaire», voire un infarctus.

Ces cardiopathies sont confortées par le stress, le tabagisme, l’hypertension, l’hyperlipidémie (excès de cholestérol) et le diabète, risques d’athérogénése vasculaire (plaque de cholestérol
à l’intérieur des vaisseaux).

Les septicémies (infection du sang) d’origine buccodentaire peuvent également engendrer des manifestations nerveuses, voire des paralysies faciales, des phénomènes allergiques au niveau oculaire (conjonctivite, etc….), cutané (acné rosacée), certaines formes d’asthmes ou même des infections de la sphère rénale.

On ne saurait passer sous silence le «syndrome d’apnées obstructives du sommeil» caractérisé par la survenue, durant le sommeil, de l’obstruction des voies aériennes par des tissus relâchés. Cela conduit à une mauvaise oxygénation cérébrale avec des risques plus graves. L’odontologiste traite parfaitement ce syndrome.

Il faut rappeler, également, que tout état dentaire déficient visible durant le sourire peut créer chez la personne âgée une «baisse de l’estime de soi» et engendrer des problèmes psychiques plus ou moins importants, avec un repli social marqué. Le réflexe de la main posée sur la bouche qui tente de masquer ces insuffisances doit alerter les proches et les soignants.

L’éducation bucco-dentaire, le dépistage et la prévention prennent une place de plus en plus importante dans notre société et diverses actions ont été menées sous l’impulsion des professionnels et des pouvoirs publics.
La prise en compte de la santé bucco-dentaire sous tous ses aspects chez les seniors ne relève pas de soins de confort mais d’une véritable action de santé publique centrée sur le dépistage dans le cadre d’un plan de formation des personnels soignants.

Jean Pierre MONIER