Les fans du Tour de France et les caméras de télévision n’ont pas pu le louper le 9 juillet, lors du contre-la-montre entre Arc-et-Senans et Besançon… Le transformateur ERDF à la sortie de Quingey, sur la route de Byans-sur-le-Doubs, présente une fresque qui invite à découvrir l’Espace naturel sensible de la Côte de Moini. Une réalisation spectaculaire des Chantiers départementaux d’emploi par l’insertion (CDEI).« Ce transformateur disgracieux, juste sur le parking d’entrée de notre Espace naturel sensible, était tagué », rappelle Jacques Breuil, maire de Quingey, vice-président du Conseil général en charge de l’Aménagement local, de l’habitat et du logement, du développement durable du territoire. « Aussi, lorsque ERDF nous a proposé de financer moitié-moitié la création d’une fresque, nous avons accepté avec enthousiasmes. D’autant qu’elle est réalisée par des professionnels des Chantiers départementaux d’emploi par l’insertion ! »
D’une nécessité faire une curiosité
 Le transformateur semble avoir disparu au profit d’un tableau de 8 mètres de large sur 2,70 de haut, qui restitue le point de vue que l’on aurait si le paysage était dégagé à cet endroit, avec le mont Poupet en ligne de mire. Deux éléments inattendus accrochent le regard : un lézard vert (géant) emblématique de cet Espace naturel sensible, et une petite chèvre du Massif Central… Un troupeau de 80 têtes de cette espèce que l’on tente de sauver de l’extinction entretient la pelouse sèche de la Côte de Moini. Ce sont ses particularités environnementales et historiques – les pelouses sèches témoignent de l’élevage au Moyen-Âge – qui ont valu à la Côte de Moini d’être protégé par le Conseil général au titre d’Espace naturel sensible.
Voilà qui ne pouvait laisser indifférente ERDF. « Les transformateurs font partie des ouvrages nécessaires à l’acheminement de l’électricité, souligne Emmanuel Laderrière, directeur territorial. Au-delà de l’obligation d’entretien technique de ces postes, ERDF est attentive à leur intégration dans le paysage… »
Des chantiers d’insertion été comme hiver
 Les CDEI ont fait de la réalisation de fresques une spécialité, à côté d’activités plus classiques comme l’entretien d’espaces verts, la rénovation de bâtiments… 85 personnes sont ainsi employées en contrats aidés et acquièrent des compétences professionnelles, ou les réactualisent, afin de trouver un emploi. Le Conseil général soutient financièrement, année après année, cette mission d’insertion. « Nous réalisons des fresques à la demande d’ERDF, de communes, d’établissements scolaires, indique Bertrand Verrière, responsable du secteur Réalisations artistiques des CDEI. D’ailleurs, nous recherchons actuellement des chantiers en intérieur pour la période hivernale. Nous sommes aussi habilités à travailler pour des particuliers. »
Des compétences, des expériences pour aller plus loin
 Max, illustrateur BD, Antoine et Sylvain, anciens élèves des Beaux-arts, Jean, architecte d’intérieur issu de l’École Boulle, peuvent être satisfaits du résultat. « Chaque réalisation est un nouveau challenge, confie Jean, en fonction du support, du sujet, de la météo… Nous faisons toujours plusieurs propositions, des maquettes, puis une simulation sur photos. Le projet est mis au point avec le client. »
« C’est l’occasion de compléter mon expérience tout en utilisant mes compétences artistiques », complète Antoine. Autre sujet de satisfaction : si un mur blanc est rarement respecté, un beau tag l’est. Celui-ci est même un sujet de curiosité !
Les ENS, terrains d’information et d’expérimentation
Avec l’appui de partenaires locaux et d’experts, le Conseil général constitue un réseau diversifié d’Espaces naturels sensibles sur l’ensemble du Département. Depuis 2006, c’est un axe prioritaire de sa politique environnementale. Ces sites ne sont pas destinés à demeurer des « conservatoires fermés » ; bien au contraire, ce sont des terrains de formation, d’information et d’expérimentation ouverts au public.
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