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Dans le Haut-Doubs, un dispositif pour aider les victimes de violence conjugale à en parler

[mardi 12 janvier 2021 14:46]

Pour les personnes victimes de violences conjugales, évoquer les violences subies au quotidien reste le plus difficile.

Dans le Haut-Doubs, un dispositif partenarial de prise en charge des familles exposées à la violence aident les personnes à en parler.

Sylvie Jacquet, chef du service action sociale, logement, insertion à la Direction territoriale des solidarités humaines du Haut-Doubs et Mme Weber, psychologue libérale, nous en présentent les grandes lignes.

« Ce dispositif, porté par le Département du Doubs, a été mis en place en 2014. Il est né d’une réflexion engagée avec le CCAS de Morteau et s’appuie également sur la convention qui lie la collectivité et la gendarmerie nationale. Cette initiative, au départ locale, s’adresse désormais à tout le territoire du Haut-Doubs, à savoir les secteurs de Morteau, Maîche, Valdahon et Pontarlier. » précise Sylvie Jacquet.

« Lorsque que nos travailleurs sociaux ou nos partenaires (ADDSEA, CCAS…) rencontrent des personnes victimes de violences conjugales, ils peuvent, en lien avec elles, solliciter auprès du Département la prise en charge de cinq séances avec un psychologue. Il s’agit d’un soutien ponctuel. Cela peut concerner des violences vécues au quotidien ou des traumatismes anciens qui empêchent d’avancer dans le présent. Grâce à ce premier accompagnement, nous offrons aux victimes un espace de dialogue et de réflexion qui leur permet de mettre des mots sur ce qu’elles vivent et de les amener à une prise de conscience. »

Les victimes qui bénéficient de cette prise en charge ont une année pour planifier les cinq séances, au rythme qui leur semble le plus adapté. Pour cela, elles peuvent s’adresser à l’un des douze psychologues qui participent au dispositif, en fonction de leur situation géographique. « Lorsque nous intervenons pour accompagner les femmes victimes de violences physiques, psychologiques ou d’emprises économiques, les questions autour de l’hébergement, de la protection des enfants se posent rapidement. Mais la prise en charge psychologique est tout aussi importante car cette violence vient toucher la personne dans son intimité, dans son histoire de vie. Ce dispositif donne la possibilité aux victimes d’être accompagnées pour analyser la situation et réfléchir à comment se protéger et à se remettre en mouvement. »

Depuis 2014, 174 femmes et 6 hommes ont bénéficié de cet accompagnement.