L’ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL (AVC) : Un danger pour les personnes âgées

LES SYMPTOMES DE L’AVC :

• Déficit neurologique soudain, pouvant se manifester par une perte de force ou un engourdissement au niveau du visage ou d’un membre.
• Baisse brutale de la vision sur un oeil ou sur les 2, ou vision double, intervenant de façon soudaine.
• Trouble de la sensibilité d’un membre ou d’un côté.
• Trouble du langage, difficulté à parler.
• Trouble de l’équilibre.
• Trouble de la compréhension.

LES ACCIDENTS ISCHÉMIQUES TRANSITOIRES

Les trois-quarts des accidents vasculaires cérébraux sont d’origine ischémique (diminution de l’apport en sang dans un organe, responsable d’une souffrance de cet organe).
Un accident ischémique transitoire (AIT) est un accident cérébral dont les symptômes, parfois fugitifs, passent inaperçus – pourtant ils représentent de véritables signaux d’alerte, puisque près d’un tiers des accidents ischémiques durables
-ou infarctus cérébraux- sont précédés d’un tel épisode.
Les symptômes des accidents ischémiques transitoires sont brefs et durent, par définition, moins de 24 heures. Ces troubles disparaissent et ne laissent aucune séquelle mais la survenue d’un ou plusieurs A.I.T. multiplie considérablement le risque d’accidents vasculaires cérébraux
constitués, durables avec des troubles persistants pouvant entraîner des séquelles physiques et/ou intellectuelles.
Certains AVC hémorragiques sont précédés de douleurs crâniennes diffuses (céphalées soudaines et de très fortes intensités).

LES DANGERS DE L’AVC

L’âge moyen de survenue est de 70 ans mais un AVC peut se produire à tout âge. Les AVC représentent la majorité des causes d’hémiplégie récente (paralysie d’un côté) et frappent environ 100 000 sujets par an. En France, la mortalité à six mois est de 30 à 40 %. C’est la seconde cause de mortalité au niveau mondial. C’est également la troisième cause de mortalité en France après les cancers et les cardiopathies – et la première cause des handicaps physiques acquis.
Devant tout symptôme de déficit neurologique unilatéral tel que perte de force ou engourdissement au niveau du visage ou d’un membre, difficultés d’élocution, le premier réflexe doit être d’appeler le 15, le numéro du SAMU. Le
but est le transfert rapide du patient vers un établissement hospitalier et, au mieux, d’emblée vers une unité neurovasculaire.

LA PRISE EN CHARGE

La prise en charge « est une course contre la montre ». Elle permet la confirmation de l’AVC grâce à l’imagerie (IRM si possible, sinon Scanner) et la réalisation d’une thrombolyse (traitement qui consiste à éliminer les caillots anormaux qui obstruent le flux sanguin, en cas d’infarctus
cérébral confirmé et en l’absence de contre-indication, en utilisant différents médicaments administrés directement dans le caillot par cathéter). La thrombolyse est d’indication rare, en général le problème est plutôt traité par anticoagulant.
Aujourd’hui, les délais de prise en charge des patients victimes d’un AVC sont trop longs. Les recommandations professionnelles de la Haute Autorité de Santé, pour améliorer la prise en charge initiale précoce de l’AVC, ont pour objectif d’informer le grand public des signes d’AVC
débutant pour acquérir le réflexe d’appeler le 15. Selon une enquête menée au début de l’année par ESSEC Santé, la France marque un retard sur ses voisins européens dans le diagnostic précoce et la prise en charge des AVC.
En Février 2009, on ne comptait que 77 unités Neuro-Vasculaires (U.N.V.) avec des disparités régionales importantes (globalement, peu de patients accèdent à l’hospitalisation en U.N.V., 15 % des AVC contre 60 à 75 % dans les Pays Scandinaves). 14 unités sont
situées en Ile de France, une seule unité existe en Auvergne, une en Franche-Comté (au CHU Jean Minjoz de BESANÇON) et une en Bourgogne.
Faute d’équipements disponibles, les équipes ont massivement recours au Scanner pour le diagnostic d’AVC, alors que la modalité préconisée par les Sociétés savantes, les Agences Nationales et les Médecins interrogés est l’I.R.M. seule capable d’établir clairement la nature ischémique
d’un AVC dès les premières heures, d’apprécier son étendue et permettre ainsi de poser l’indication du traitement approprié.

LA CONNAISSANCE DES SIGNAUX D’ALERTE DES ACCIDENTS VASCULAIRES CÉRÉBRAUX PERMETTRAIT DE SAUVER DES MILLIERS DE VIES CHAQUE ANNÉE.

J.P. MONIER