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Secours Catholique, Interbio : partenaires et complémentaires

[vendredi 10 décembre 2021 10:13]
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Action sociale
Secours Catholique, Interbio : partenaires et complémentaire...

Les deux structures, partenaires du Département, jouent la carte de la synergie et de la proximité à Saône, pour améliorer le quotidien alimentaire de familles et créer du lien. Et les producteurs locaux s’y retrouvent.

 

En ce vendredi de fin novembre, dans les locaux du Secours Catholique de Saône, c’est le jour de distribution des paniers solidaires à la dizaine de familles de « consomm’acteurs » que suit l’association. Les personnes attendues se connaissent, ont tissé des liens et apprécient de se retrouver. Surtout qu’aujourd’hui, en complément, un atelier cuisine est proposé par Interbio avec la confection d’un repas à base de produits bio pour 15 personnes. Tout le monde mettra la main à la pâte en fonction de son temps et de ses possibilités pour que tout soit prêt à midi.

 

« Montrer que les produits bio sont accessibles » 

Julie Girard, chargée de mission alimentation de proximité à Interbio : « Nous souhaitons démontrer que l’accès à une alimentation de qualité n’est pas uniquement une question de budget. C’est aussi une question d’information et de sensibilisation. C’est pourquoi Interbio Franche-Comté a lancé un cycle d’ateliers liés à l’alimentation dans le Doubs, avec le soutien notamment du Département. Ces ateliers s’adressent à des populations en situation précaire pour leur apporter des outils et des clés pour une meilleure lecture de l’alimentation, consommer bio sans pour autant grever son budget, détailler l’importance de manger équilibré… Au cours de ce cycle, nous avons organisé des visites de ferme pour montrer comment est produite l’alimentation localement, expliquer, in situ et avec les professionnels, les labels bio. Nous proposons aussi des ateliers pratiques, apprendre à faire ses bocaux, ou, comme aujourd’hui, un atelier cuisine. Notre idée est d’aller au-devant de ces publics pour montrer que les produits bio sont accessibles, en changeant des habitudes de consommation ou de cuisine. »

Chloé Lardier, restauratrice, animait l’atelier cuisine du jour : « le but est de préparer un repas pour 15 personnes pour 30 € tout en bio avec notamment des pennes sauce bolognaise de lentilles (avec carottes et poireaux) et des poires au sirop d’automne. On y arrive en se positionnant sur des fruits et légumes de saison, sur des légumineuses pour faire baisser les coûts. Nous allons également au-delà de la question du coût : acheter en vrac pour limiter ses déchets, faire cuire plusieurs plats en même temps pour optimiser l’utilisation du four et faire des économies d’énergie… »

 

« Tout le monde apprend de tout le monde »

Nicolas Oudot, animateur de réseaux de solidarité pour la Vallée du Doubs au Secours Catholique, nous en dit plus sur les « consomm’acteurs », selon leur propre appellation, qui participent à cet atelier : « Nous sommes sortis de la logique de la distribution, d’autres structures le font très bien. Nous voulions aller plus loin que cela, voir les personnes s’impliquer. Nous souhaitions créer du lien, avoir un ancrage local qui profite au plus grand nombre et c’est ce que nous sommes en train de réaliser avec nos paniers solidaires. Nous les avons créés avec le confinement, avec des produits locaux et/ou issus de l’agriculture raisonnée. Nous en prévoyons le contenu ensemble, avec les familles. Le choix se fait en fonction des possibilités que ces produits offrent (en termes de conservation, de variété des recettes), les habitudes alimentaires du groupe et le coût. Car si nous avons des tarifs privilégiés, nous finançons entièrement ces paniers avec les familles. Chacun contribue financièrement. Tout le groupe est concerné, donne son avis. C’est aussi l’occasion d’échanger des recettes et astuces pour faire durer les paniers le plus longtemps possible, bien gérer les denrées, limiter le gaspillage, ou même fabriquer ses propres produits ménagers. Tout le monde apprend de tout le monde et il y a beaucoup d’inventivité. Un véritable esprit de groupe s’est constitué avec une chaleur humaine qui dépasse le strict cadre de l’alimentation. Il y a de l’entraide. Nous voyons qu’avec le temps, les familles consomment différemment, découvrent de l’intérêt pour des produits nouveaux, des goûts nouveaux pour certains, ou des manières de préparer différentes. Et comme nos paniers sont conçus avec des maraîchers, producteurs, éleveurs ou fromagers locaux, on participe en plus et à notre niveau au maillage territorial. Là aussi, des liens se créent. Nous y gagnons tous et c’est une fierté. Nos familles vont désormais parfois s’approvisionner chez ces producteurs pour la qualité de leur marchandise. Elles constatent que le frais, bio et local ne coûte pas forcément beaucoup plus cher que certains produits industriels vites consommés et, au final, guère satisfaisants. »

Allison a participé à cet atelier cuisine : « J’ai quatre enfants à la maison et comme je ne suis pas très « conserve ou surgelé », je cuisine énormément. Avec les visites d’exploitation, j’ai pu découvrir des producteurs locaux et je retourne me servir chez eux, notamment pour la viande, qui est de bien meilleure qualité. C’est mieux pour les enfants. J’apprécie beaucoup la qualité des produits - on a du beurre et du lait de la fromagerie de Fontain par exemple - et le partage qu’il y a au sein du groupe. »

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